Empreinte, Savigny, 12 mai 2000
PARABELLUM


 

Et ben, voilà. Flagrant délit de racontage de conneries : il y a bel et bien une partie consacrée à Parabellum sur ce site.

Cela fait trois fois que je les vois en concert ; j'allais bien finir par les immortaliser de mon autofocus nippon. C'est chose faite.
Pour les ceussent, rarissimes, qui n'auraient pas encore eu l'idée de le faire, il est fortement recommandé d'aller directement sur leur site ouaibe, dont le mestre n'est autre que l'incommensurable GVI. Pour en savoir plus sur ce gigantesque individu (au sens figuré, comme au sens propre du terme), parolier, mentor, âme damnée, éminence grise, et cinquième élément du groupe, je vous conseille la lecture d'une interview mise en ligne chez l'excellent fourduwww.

Revenons à nos keupons.

Parabellum jouit d'un statut assez original dans le monde keupon ; il en est à la fois assez éloigné (Parab n'est pas à proprement parler un groupe "engagé") et l'une des fortes figures emblématiques. Ce sont des choses qui arrivent. Au bout du compte, Parab aura été l'un des groupes majeurs des années 80, véritable icône du Punk. Les morceaux comme Cayenne, Ilot Amsterdam, ou Osmose 99 sont plus que des standards ; ils font partie de l'inconscient keupon.

Et pourtant Parab n'aura jamais fait du punk à la française. Parab à punkisé le Rock'n Roll à l'américaine. Ils ont été (et sont toujours, d'ailleurs) les seuls à faire ce que, musicalement, on pourrait appeler du Punk Rock'n Roll. Les paroles terribles, le verbe acide de GVI ont fini de transcender la bête. Celui qui a écouté du Parabellum ne peut plus l'oublier.
Puis Parabellum a splitté après une tournée canadienne catastrophique ; succession de plans foireux et d'entubage sans douceur. Mais cétait une fin aigre, le contraire d'une retraite en apothéose.

Puis Marmandes a sonné l'heure de la refonte. Parab se retrouve, s'éclate, et reprend la route.

B@rdel Inside

Après le live Marmandais (Post Mortem Live, un titre judicieusement adéquat!) arrangé de main de maître par Jeff le Druide himself, les Parab retrouvent les studios.
Le dernier album fait bizarre. Il sonne vraiment Rock'n Roll. Fait étrange, Parab a toujours sonné Rockalnérol, mais c'était du pounk. Plus maintenant. Qu'est-ce qui cloche? Qu'est-ce qui a changé? Qu'est-ce qui fait que cet album ne procure pas l'électrochoc du Parab d'avant?
Je crois avoir la réponse. Mais là, bien évidemment, je suis ouvert à toutes les suggestions contradictoires, à toutes les critiques (non-violentes, merci) que vous pourriez me formuler.
Après avoir écouté et réécouté et reréec.. ce b@rdel d'album, j'en suis arrivé à la conclusion suivante :
1) La musique? Elle n'est pas seule en cause. Il y a des morceaux speed, des morceaux plus ralentis.. rien qui ne tranche radicalement avec l'aventure antérieure. Un peu trop de guitar héroigolade, un peu trop de fioritures. Ouais. Curieusement, on à l'impression qu'il n'ont pas voulu décevoir, qu'ils voulaient prouver qu'ils en avaient encore dans le bide, ce dont, au fond, personne ne doutait.
2) Les paroles? Non. Je n'irai pas jusqu'à dire que GVI à fait les meilleures de sa carrière, mais elles sont quand même assez géniales, avec des vrais morceaux d'anthologie dedans -"Raconte moi donc ta vie, j'te prédirai le passé", "Un képi, un neurone, et une paire de moustache, le chef des autochtones m'a l'air d'une vraie peau d'vache", "Je comprends ça, tu as les boules, d'avoir des potes aussi puants, quand on se lave au bain de foule, on devient vite, négligeant"...-, des clins d'oeil sémantiques, des allusions hilarantes - chez un fabricant de mines, "la secrétaire est un canon, le contraire serait détonant", d'un marchand d'arme, "quand j'ouvre mon parapluie, il pleut des T-shirts Amnestie"-, et plein d'autres jovialités de parolier en pleine bourre.
3) Ben quoi, alors? La forme! Pour ma part, je pense que la plus grosse lacune de l'album est la mise en forme. Ici, il n'y a pas un seul refrain. Pas un seul tercet qu'on pourrait beugler en choeur dans un pogo.
Pour faire de certains titres des standards comme parab en a pondu quelques uns par le passé, il aurait suffit de quelques refrains bien sentis, deux phrases, une rime rebelle ; un coup de poing verbal à faire péter les cordes vocales des adeptes dont je fais partie.
Mais je crois que les années de galère ont rendu Parab, dans son ensemble, plus cynique et moins rageur. Dommage. Je pense qu'un "fini le temps des fils de putes, plus dure sera la chute" remanié façon refrain, aurait fait de "Sept ans de malheur" un véritable carton.
La prochaine fois que GVI écrira des textes, j'espère qu'il pensera à nous, pauvres keupons, avides de catharsis pogotantes. En attendant je vous propose quelques photos prise à l'Empreinte, sympathique espace musical de Savigny (77). Ils font démarrer les concerts hyper tôt, mais bon, on leur en voudra pas trop..

Fais-les voir tes photos!