Festival Art Sonic 1999
( Briouze)
 
Vendredi Soir:
Nemless (Albi)
Gready Guts (Toulouse)
Kargols (Perpignan)
Wampas (Paris)
Samedi Soir
Brigitte Bop (Orléans)
Klunk (Nantes)
Terrorgruppe (Berlin)
Mustar Plug (USA)
Ruda Salska (Angers)
 


PHOTOS: J'ai pris des photos d'un peu tous les groupes. En cliquant sur l'icône à côté du nom du groupe, on y accède.


 

Second soir.
Brigitte Bop/Klunk/Terrorgruppe/Mustar Plug/Ruda Salska
 

Une bonne sieste, un bon plongeon dans la bonne eau d'un bon lac normand ("au début elle est froide, mais après elle est froide!"), et nous voilà prêt pour le premier concert de cette deuxième soirée.
J'ai nommé...

 

 
    BRIGITTE BOP 
 
 Évidemment, il n'y avait pas encore beaucoup de public en ce début de soirée. Mais l'énergie scénique de BB a tout de même su attirer l'attention de pas mal de monde, relativement à l'heure peu tardive du concert.
Car Brigitte Bop fait dans le sheriffesque ; tout à l'énergie! Ils sautent partout, tous. Le chanteur (Xavier), le chantariste (Bastien), le guitariste (Charles), et même le bassiste (Yan) y va parfois de la déconne. Un sacré bordel sur scène. Ajoutez à cela la veste kitsch de Bastien avec ses rebords léopard (en véritable peau de guitariste Wampas!), et le ton est donné. Mixez le tout dans un répertoire en français (sauf "Songueu in english", morceau phare dans lequel le groupe nous dévoile les plus intimes de ses fantasmes comme "I wanna play the pétanque/ I wanna eat a cassoulet "..), bien déconne -Julien Lepers -, bien rageur -la jeunesse-, et bien les deux -Anarchie in eul' Berry ("Nous ce qu'on veut c'est l'anarchie dans le Berry/ Et le pogo dans les bistros"). 100% Punk Rock, comme on aime à le déguster.
Côté disco, les Orléanais viennent de sortir leur premier vrai album "C'est pas gagné!" (Limo Life Records, et en distro chez Dialektik Records) ; une galette 14 titres qui va le faire.

S'en suivent les Klunk. Sur lesquels je ne vais pas m'étendre ; ils chantent entièrement en anglais, et si le guitariste à l'air sympa, je soupçonne le chanteur de nous prendre un peu pour des cons. Messieurs ont eu un article élogieux dans Rock Sound, alors le public il a intérêt à apprécier. Seulement voilà, du public, il n'y en avait pas. Et ceux que BB avait attiré ont déserté en nombre, alors, sur scène, ça faisait la gueule.

Passons au suivant.
 

    TERRORGRUPPE
 Terrorgruppe, c'est un peu le groupe que je voulais voir. Ça tombe bien, puisque justement, les voilà. Ils nous font une entrée en scène des moins banales, appelée dans un jargon ésotérique typique du milieu "la balance". Comme ils sont arrivés un peu à la bourre -déjà que Briouze, pour des français c'est pas facile à trouver, imaginez pour des teutons! - ils ont raté la séance des réglages. Ils la font donc ad hoc. Et a priori, ils ont pas trop fait chier la sono; "un peu plus de retour ici", "un peu là", et le show peut go on.
Et là, déception. Je croyais que Terrorgruppe allait rameuter sévère. Merde, quoi, c'est le groupe qui cartonne outre-Rhin. Et à juste titre! Puissant et carré, le son vous file une de ces envies de pogo! Le guitariste, un grand chauve semble bien s'amuser. Le chantariste, un petit costaud à marcel (avec un pin's), nous gratifie de réflexions (en anglais) bien senties, comme celle-ci, s'adressant au public avachi dans l'herbe fraîche (voire froide), "you're sitting in the grass, like at Woodstock! Hippies, you're hippies!"
Une forte présence scénique, un punk rock à touche mélodique: c'est tout Terror. Pour ma part, je regrette un peu la faible longueur du set qu'ils ont joué, sans rappel. Il faut dire que le public n'était pas au rendez-vous. C'est dommage car vraiment, ils sont sympathiques et géniaux.
En ce qui concerne la discographie et le reste, je ne peux que vous conseiller d'aller faire un tour sur leur page ouaibe. Et si vous êtes doués en allemand, vous pourrez touchez du doigt la quintessence de leur musique, qu'ils ont nommé "AGGROPOP".

Notons (comme dit Amélie), qu'on ne trouve pas trace, sur leur site, de leur participation aux diverses compilations internationales, dont:

Retour à Briouze. Nous on est allé boire l'apéro. J'ai raté Mustar Plug. Tant pis. Il parait que ça ressemble à du Voodoo Glow Skull.

On revient pour la Ruda Salska. C'est la troisième fois que je les vois (voir chronique du Rio). Et c'est toujours aussi bien.

 
    LA RUDA SALSKA
 

Attention ! La Ruda, une première.. Entrée en scène!
Moteur! Action!

Nous voilà à nouveau transporté dans l'univers Ruda. Un monde cinématographique, peuplé de bons et de truands, de scénarios, de parodies et de mise en scène.
Certes la Ruda fait du ska. Un ska très mélodique mais rapide, empruntant parfois les chemins du skacore ("Tant d'argent dans le monde", "A l'affût du Ram-dam"). Bien qu'énergique, le chant est rarement hurlé; mais le débit est soutenu, si bien que que certains morceaux rappellent joyeusement la Mano Negra ("Le bruit du bang", "L'école des sous-sols"). Ça bouge beaucoup, le rythme est élevé. Ce n'est pas le pogo ininterrompu, mais on ne peut dire que l'ennui guette (même si certains morceaux lents ont tendance durer). De toutes façons, quelques secondes de relâchement ne seront pas perdues; on observera avec intérêt la personne chargée de renvoyer les prétendants au slams dans le public. C'est une jeune et jolie fille avec un maillot Ruda bien moulant. Je l'aurais volontiers prise en photo mais la pile était aussi naze que moi. Tant pis pour vous!
A vue de scène, on pourrait croire que l'on à faire à un groupe mélodique et péchu (c'est vrai). Mais sans plus.
Ce serait un tort.
Il faut se pencher sur les textes. D'autant que le débit du chant empêche, sauf certains morceaux explicites, de saisir la finesse et la profondeur des textes.
L'ambiance Ruda ne ressemble à aucune autre. Ce n'est pas du premier degré, ce n'est pas du deuxième degré. C'est du cinéma. Du vrai, qui marche à la sensation, qui fait appel à l'imaginaire. Du vrai qui raconte des personnages -fictifs "Barton Killer", ou réel "Le gauche"-, qui vous suggère des ambiances -"Numéro 23", très atmosphérique, un brin Thiéfaine, ou "Le bruit du bang" qui sonne comme un reportage de guerre-. Passionnée par ces bons vieux polars et autres western spaghettis, la Ruda a fait de son dernier album "L'art de la joie" un vrai régal cinéphilique, truffé de clins d'oeil, usant d'un vocabulaire riche en allusions et références au septième art. Personne, dans ces conditions ne s'étonnera que que le label se dénomme "Ne nous fâchons pas" (ce film est un petit bijou réjouissant dans lequel Jean Lefevre se prend plein de baffes!)
"L'art de la joie", le huitième art?